Eric Bourguignon 

Exposées en série comme une fresque panoramique, les peintures d’Eric Bourguignon, ne nous dévoilent pas une vue dégagée sur un paysage lointain ; plusieurs fenêtres s’ouvrent à hauteur de nos yeux, et entraînent nos pupilles à sillonner les chemins de traverse d’un jardin anglais, suivant les règles de cet ordre désordonné. L’artiste choisit de dépouiller ces paysages de toutes silhouettes humaines et de mettre le végétal sur le devant de la scène, nous laissant seul spectateur de cette nature.

Bousculés par ce qui se dessine sous nos yeux, la distance se floute et le lointain se rapproche. De si loin, une forêt de cyprès, de si près, des étamines par milliers. Pas de ciel vide, ni de ciel bleu. Eric Bourguignon place notre regard à ras du sol, dans l’herbe fraîche, avec la brise qui berce, les graminés qui grattent. C’est un moment d’intimité avec cette verdure farouche.

L’artiste trouve cette richesse de textures ; les peintures de cire ou les pigments dilués à l’eau, à l’huile, donnent à son jardin cette carnation aqueuse et charnue. La superposition de ses différentes couches nous découvre un paysage qui se voile et se dévoile, d’une pudeur et d’une lascivité. Une végétation de chair et de mucus, dont les pétales pourpres surgissent de la fange verdo- yante. Le vert si vert de ces plantes leur octroie une lumière qui transcende nos rétines humaines.

Ces peintures, comme une série de plaquettes de visions microscopiques, dérobent les végétaux jusqu’à la moelle et nous exposent les pistils tendus, les cytoplasmes iridescents, le pollen cotonneux, jusqu’aux cellules translucides. Loin des représentations scientifiques, tous ces corps vivaces naissent d’une fantasmagorie donnant vie à un monde végétal mouvant, mutant, qui nous dévore de ses fluides.

Les peintures d’Eric Bourguignon ne suivent pas de narration, c’est une nature brute qui s’invente et se construit de souvenirs, de sensations, d’émotions et de gestes instinctifs. Paradoxalement, le temps de la peinture, du séchage, induit aussi cette notion de temps qui passe et nous embrume d’une forme de mélancolie. Finalement, ces parcs fleuris, ces fourrés exaltés dont l’énergie vitale irradie tendent également à s’effacer et à se fondre à l’été passé.

 
 

Expositions

Expositions Personnelles 

2019  « Érosion anthropique », Galerie Guido Romero Pierini, Paris
2018  « Présences », Galerie Guido Romero Pierini, Paris
2017  « En Lisière », Galerie Guido Romero Pierini, Paris
2015  « Le chant de la peinture », Galerie Guido Romero Pierini et Lei Dinety, Paris
2013  « A Simple Day Outside », Point Rouge Gallery, Paris
2009  Galerie d’art contemporain, Auvers-sur-Oise
2005  « Réminiscences », Galerie Guido Romero Pierini et Géraldine Bareille, Darren Baker Gallery, Londres
2003  « Lumière reflets », Galerie Triade, Suzanne Tarasieve, Paris
1999  Galerie Art K, Paris
1998  Fondation Taylor, Paris
1998  Galerie Art K, Paris

Expositions Collectives  

2019 _ Participation au salon Galeristes, Carreau du Temple, Paris (18 – 20 octobre 2019)
2018  « Anthropocène », Galerie Guido Romero Pierini, Paris
2018  Galerie Papier d’Art / Yuri Levy, Orbes, Paris
2017  « En Lisière », Galerie Guido Romero Pierini, Paris
2016  «Être(s) au monde » (suite), salle d’exposition, Guyancourt
2016  Espace Roger Ikor, L’Exposition Particulière, La Frette sur Seine
2016  «Être(s) au monde » en dialogue avec un concert à la Fondation Alliance Française, Galerie Suzanne Tarasieve LOFT19, Paris
2016  « Suites et variations », Galerie du Crous, Paris
2014  « Talismans », Galerie Routes, Paris
2014  « D’une aube à l’autre », La Galerie, Auvers-sur-Oise
2014  « Genèse », Fondation Taylor, Paris
2014  « Figure des figures », Galerie du Crous, Paris
2013  « Trois peintres, trois salons », Château de Gadancourt, Val d’Oise
2013  « Minimenta », Point Rouge Gallery, Paris
2012  « Mystères », Galerie Evelyne Heno, Paris
2012  « Un avant-goût de la Genèse », Galerie Laurent Mueller, Paris
2011  CUTLOG Art Fair (OFF Fiac), Bourse du Commerce, Galerie Evelyne Heno
2009  La Galerie, 6 Artistes, Auvers-sur-Oise
2007  Palais du roi de Rome, Rambouillet
2005  Galerie Triade, Suzanne Tarasieve
1999  Galerie Art K, Paris