Michal Fargo

Artiste née en 1984, vit et travaille à Berlin. 

Partant du souvenir de son enfance passée en Israël, alliant des paysages de sable à perte de vue et des « blocs géométriques de ciment qui poussent dans la ville », Michal Fargo pense ses sculptures comme des objets-témoins du temps. Le sien d’abord, celui de l’humain ensuite. Son œuvre s’enracine dans une discipline imaginaire, celle de l’archéologie du temps présent. Syncrétisme des frottements entre le passé et le futur, elle interroge les empreintes que l’humain laisse sur le règne minéral. Et, toute entière, elle ouvre une fenêtre sur notre propre espace.

L’artiste puise son inspiration dans les formes universelles du minéral pour créer des objets sculpturaux qui s’apparentent à des excroissances rocheuses naturelles. Si la série Soft accent (2021) semble se contracter et se rétracter à mesure que le temps érode sa peau, c’est sans doute car sa matière évoque celle d’un épiderme changeant. Leur couleur, variable en fonction de la lumière, renvoie aux différents règnes du vivant, qu’ils soient minéraux, organiques ou végétaux. L’artiste y reprend le concept oxymore de nature-artefact, fruit d’un effacement progressif de la distinction entre la main humaine et les forces naturelles.

« Si on trouve le bon équilibre, la sculpture peut ressembler à un objet généré par ordinateur plutôt qu’à une pièce existante. J’aime que les gens s’arrêtent et se posent la question de ce qu’ils ont sous les yeux. » C’est cette ambiguïté même de la nature de l’objet qui en fait sa particularité. Le terrain d’investigation de Michal Fargo est quasiment scientifique. Depuis peu, elle produit elle-même le flocage, ce processus d’application de fibres sur les pièces qui relève d’une technique industrielle low tech mobilisant un petit courant d’électricité et de conductivité. L’artiste y allie une technique plus traditionnelle de modelage de la céramique. Cette confrontation permet d’envisager ses sculptures comme les vestiges imaginaires d’un temps présent. Le flocage, processus qui offre à ses sculptures leur nature duveteuse, revêt ici un double sens. Car le floc est aussi bien le matériau utilisé dans son œuvre que l’interjection qui exprime le bruit d’une chute dans l’eau. Les images mentales s’entrechoquent alors : la chair ni molle ni totalement rugueuse de ses pièces évoque tout à la fois l’état liquide, solide et en fusion de la matière.

 

Formation

MA Ceramics & glass Royal College of Art, London

BFA Bezalel Academy of Art and Design, Jerusalem

Expositions

Second Nature, Solo show at KRAFT Bergen, Norway

Loewe Craft Prize, Tokyo Japan

London Art Fair, UK

Collect Art Fair, Saatchi gallery, UK

Hands on Innovation, „Servus Zukunft“, Munich Germany

Perfect Darkness with Officine Saffi, Milan, Italy

Homo Faber, by the Michelangelo foundation,Venice Italy

New Ceramics  with Hostler & Burrows gallery, NY, USA

“Extra Ordinary” Tools Gallery, Paris, France 

Show at Puls Gallery with Tessa Eastman Brussels Belgium

Taiwan Ceramics Biennale, Taiwan 

Etude, solo show with gallery Sebastian Schildt, Stockholm, Sweden 

Cue Collisions, House of Egron Gallery, London, UK

Cheongju Craft Biennale, Korea

Vallauris ceramic biennale, Vallauris France

Résidences

Yingge Ceramics Museum

Cheongju Craft Biennale Collection

Jingdezhen Ceramics Museum

Holon Design Museum

The Shepparton Art Museum

Museu de Ceràmica de L’Alcora

National Museum, Sweden

 

Prix

Guest Artist at the Shigaraki Ceramic Cultural Park (January 2021)

Special Award at the Taiwan Ceramics Biennale

Finalist for the Loewe Craft Prize, Tokyo Japan

Special citation, Cheongju Craft Biennale, Korea

Recipient of the Clore & Bezalel grant for a full tuition for MA studies at the Royal College of Art, London

Bronze award for Modern Ceramic Art, The 2nd Kaolin Grand Prix, Jingdezhen, China

Second place award, Biennale de la Céramique, Andenne, Belgium

Award for an international artist, Sidney Myer & The Shepparton Art Museum, Shepparton, Australia