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Cyprien Chabert 

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Dans son travail de peinture, Alice Meteignier tente d’aller au-delà du geste. Car le geste n’est jamais complètement autonome, elle met en place un protocole où elle recherche son dépassement et peut être sa libération.

À l’encre de Chine sur la toile humide, elle trace d’un geste brut, instinctif. La main doit être plus rapide que l’œil et la pensée, pour échapper à leur vigilance et peut être les surprendre. Par capillarité, l’encre se répand et s’estompe dans la trame, le geste laisse son empreinte spectrale. Avec la couleur, l’artiste sculpte les formes par leurs contre-formes et par assemblage des différentes toiles, des rencontres se créent, de nou- veaux espaces s’ouvrent qu’elle unit par la couture. La fluidité de l’encre se mêle à la rugosité de la peinture, l’intuitivité du mouvement rencontre la méticulosité de la couture. Et finalement la mise en tension sur le châssis transforme les traces de plis en souvenirs. Ses peintures sont un dialogue tout en contraste entre dynamisme et mélancolie, où l’empreinte originelle joue avec son effacement. En déployant le geste dans sa pluralité, de la fugacité de l’instinct au temps long de l’attention délicate, Alice Meteignier offre au fil de son œuvre, un écrin à son affranchissement.

Dans la série Tournesol, une même forme, comme une allégorie du mouvement lui-même, typique du travail pictural de l’artiste, est réminiscente. Elle l’utilise comme contrainte pour explorer les possibilités de la matière et des couleurs. S’accumulent les strates, comme autant de tentatives, d’étapes nécessaires. Les repentirs s’additionnent, en emprisonnent d’autres et entrent en vibration, chacun contribuant à l’unicité de l’œuvre finale.

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