L'ÉCHO DU SILENCE
09.04- 13.06.2026
Artiste Française
Née en 1975, vît et travaille à Paris
L’écho de l’ombre.
Anne-Lise Broyer poursuit depuis plus de 25 ans un travail photographique pouvant se résumer comme une expérience de la littérature par le regard en nouant très intimement lecture et surgissement d’une image, écriture et photographie. Elle travaille ses séries comme un écrivain manie la langue mais dans une langue qui se parle et s’entend par l’oeil.
Elle questionne les zones de frottements et d’intersection entre la photographie argentique et le dessin à la mine graphite directement sur le tirage afin d’atteindre une zone de trouble dans la perception. Loin du spectaculaire, sans eet, ses images absorbent et retiennent la sensibilité du monde.
Anne-Lise Broyer travaille à la lisière des mots, des images et des traits. Son geste tisse, croise et rapproche les bords et les limites, les franges du texte et du monde. Elle veut saisir, comprendre, brouiller et relier l’oeil à la main. Si l’oeil ne prend pas tout, la main par le dessin vient combler la béance. Dans ce va et vient entre l’oeil et la main Anne-Lise Broyer rend visible cette susceptibilité signifiante de l’immanence, comme fabriquer des images qui sauraient saisir la quantité d’air présente entre le motif et la rétine, en d’autres termes la distance de la vue.
Cette sculpture « Saisie du paysage », présente dans l’exposition précédente Lisières, est la passeuse silencieuse vers ce nouvel opus. Un sentiment du massif de la Sainte-Victoire, un prélèvement dans le lieu évoquant le lieu. Un bout de presque rien qui devient la montagne à l’échelle d’une main. « Tenir le motif » disait Cézanne tout en se serrant les mains. « À jamais inscrite dans nos mémoires, un triangle quasiment rectangle dont l’hypoténuse repose sur l’horizon », la montagne ainsi prise pour mieux la comprendre.
Anne-Lise Broyer matérialise l’invisible, l’écho de l’ombre.
«Le souvenir, c’est la présence invisible.»
Victor Hugo, Océan – Tas de pierres
«C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas.»
.Carnets 1870










